Test du ProForm Performance 1450 par Philippe Billard

En mai dernier, Philippe Billard, directeur de la publication du magazine Ultra Mag et amateur de défis, se lançait dans un challenge hors-normes. Courir 6 jours et 6 nuit sur un tapis de course en effectuant un minimum de pauses pour dormir et s’alimenter. Bien que d’apparence folle voire irréalisable, Philippe avait à cœur de démontrer qu’avec une bonne préparation et une approche saine de la course à pied. Que ce défi lui serait non seulement accessible à lui mais aussi au plus grand nombre. Ayant réalisé son défi sur notre tapis ProForm Performance 1450. Philippe a eu l’occasion d’éprouver ce produit dans de multiples conditions et pendant d’interminables heures. Cet interview est l’occasion pour tous les Proformers d’en savoir un peu plus sur l’expérience incroyable de ce coureur passionné mais raisonnable et réfléchi ainsi que de découvrir son test du ProForm Performance 1450.

Philippe, que penses-tu de la surface de course du tapis ?

À quelques centimètres près, on est dans les normes des tapis haut de gamme. Il y a beaucoup de place pour courir, en largeur mais surtout en longueur. Cela permet de faire des micro changements de rythme. Davancer et de reculer sur le tapis sans craindre de se retrouver parterre. En bref, la surface du tapis est cohérente avec les écarts légers (gauche-droite et avant-arrière) que l’on peut connaître lorsque l’on court à l’extérieur.

Au gré de tes longues heures de course, qu’as-tu pensé de l’amorti de ce Performance 1450 ?

Comme sur tous les tapis de course ProForm, l’amorti est excellent. Cela permet une utilisation quotidienne bien moins traumatisante que les surfaces extérieures de type béton ou même bitume. Le PF1450 est tout de même un peu plus dur que ce que j’avais pu utiliser jusqu’à aujourd’hui. Un peu surpris au début, j’ai été rapidement conquis car sur les très longues distances, trop d’amorti peu devenir un problème, avec la sensation d’être absorbé par le tapis à mesure que l’élasticité musculaire se réduit. Durant mes 6 jours sur le PF1450, je n’ai pas ressenti ce phénomène.

Qu’as-tu pensé de l’accès aux commandes de course sur la console du tapis?

Tout est bien pensé, on est un peu comme dans un avion de ligne et ça j’adore ! Il suffit de tendre le bras pour augmenter ou réduire la vitesse, la pente, l’affichage, ou accéder aux réglages rapides. Lorsqu’on court longtemps et qu’on est fatigué, il est essentiel de ne pas être perturbé par des commandes difficiles à atteindre. Pendant les séances rapides, il est toujours difficile de manipuler des boutons, quelle que soit l’accessibilité, mais l’effet de bord positif, c’est que cela apprend à courir « stable », avec peu d’amplitude verticale.

Test du ProForm Performance 1450 console

La console te semble-t-elle ergonomique et intuitive ? 

Rien à dire du côté des commandes basiques. Pour profiter des programmes ou des commandes avancées, il faut prendre le temps de lire le mode d’emploi parce qu’il y a pas mal de possibilités, mais c’est assez rapide et de toute façon infiniment plus simple que la plupart des objets électroniques que l’on utilise au quotidien.

Quid de l’aspect sonore du tapis ?

Le moteur n’est pas vraiment bruyant et ce sera davantage la lourdeur de la foulée qui se fait entendre. La différence entre une foulée lourde et légère est beaucoup plus perceptible que sur le bitume. Quand on est lourd, on fait plus de bruit, et quand on est léger, on a l’impression d’à peine effleurer la bande de roulement.

Un tapis de course peut prendre de la place chez soi, sauf quand il est pliable comme le Performance 1650. Que penses-tu de ses capacités de rangement ?

Si on met le tapis dans une pièce de vie, il vaut mieux qu’elle fasse plus de 15 m2, voire 20. D’une part, le tapis déplié n’empêchera personne de bouger et une fois plié, on l’oublie vite. L’idéal, c’est de le mettre dans un garage mais j’ai déjà utilisé un tapis de cette taille dans une pièce faisant office de bureau.

La plage de vitesse 0 – 20km/h t’a-t-elle semblé suffisante ?

Largement suffisante en ce qui me concerne ! A moins d’être coureur élite, ce sera parfait pour n’importe qui. Et si jamais ça n’est pas suffisant, il suffit de mettre un peu de pente. Je ne connais personne qui soit capable d’aller à 20 km/h et 12% de pente !

Que penses-tu justement de ses capacités d’inclinaison jusqu’à +12% ?

12% à 6 km/h, cela donne une vitesse ascensionnelle de 720 mètres par heure. Cela signifie que vous passez d’une altitude de 0 à 720 m en une heure. Cette vitesse correspond à celle d’un bon trailer en montagne. Pour chipoter, on pourrait préférer 15%, ce qui permettrait d’avancer à 900 m/h à 6 km/h. Plus vite, on doit commencer à courir, en fonction de sa taille, et à plus de 10% c’est épuisant. Mais le principal intérêt du tapis pour s’habituer aux forts dénivelés, c’est d’apprendre la régularité et la qualité du pas. Les non montagnards manquent de ces deux qualités et en utilisant beaucoup le tapis on devient imbattable sur les pentes alpines. Pour les entraînements en course et en côte, à 5% ça devient déjà très dur, donc les 12% sont largement suffisants.

Quelles options sympas as-tu relevé en plus ?

Je suis assez « brut », donc je demande surtout à mon tapis d’être fiable et simple d’utilisation. Mais c’est vrai que parmi les options, ma chouchoute, c’est la possibilité de brancher ma musique via une simple prise casque. Pour le reste, ça dépend surtout de l’utilisation qu’on en fait. J’ai testé les programmes intégrés, ils sont très ludiques et seront décisifs pour les personnes qui ont besoin de motivation.

Test du ProForm Performance 1450

De manière plus générale, quels sont les avantages d’un entrainement sur tapis ? 

J’ai abordé l’entraînement sur tapis voilà une bonne dizaine d’année avec l’idée d’alléger les contraintes mécaniques dues à une grosse charge. En clair, j’avais dans l’idée de faire de l’entraînement croisé, en ne faisant que de la course à pied. Et puis très vite je me suis rendu compte que le tapis se suffisait à lui-même. On ne s’ennuie jamais sur un tapis, on peut réaliser tous les types d’entraînements sans exception, c’en est presque effrayant. La pratique du tapis ne dépend pas de la météo, on peut en faire 24 heures sur 24 même quand il fait nuit noire, si on doit rester chez soi pour attendre un colis ou garder les enfants, c’est top… quoi encore ? Chacun pourra trouver sa logique propre.

Que l’on cherche la variété, la vitesse, l’endurance, on peut tout faire. Loin de moi l’idée que le tapis se suffit à lui-même. Non, il faut considérer le tapis comme une nouvelle surface de course, peut-être même la surface de course du 21e siècle. J’imagine très bien organiser une méga manifestation avec 2000 tapis rassemblés ou répartis dans le monde entier avec un départ et un parcours commun. C’est le projet iFit et dès que j’ai un pote à New York équipé d’un ProForm, je le défie !

Il faut considérer le tapis comme une nouvelle surface de course, peut-être même la surface de course du 21e siècle

En quoi l’entraînement sur tapis peut-il être à la source de toute forme de performance/bien-être/remise en forme, qu’il s’agisse de se préparer à la course à pied, au trail, à tout autre sport, voire de récupérer ?

L’objectif, avant de faire de la course sur tapis une discipline à part entière, étant de rendre indispensable la détention d’un tapis de course chez soi pour toute personne un minimum consciente de l’importance de la remise en forme.

Le premier intérêt du tapis, c’est de savoir en temps réel et très précisément à quelle vitesse on court. Au fil des séances, on progresse en aisance, en vitesse, en endurance, et ça vient tout seul, et c’est mesurable. Ces sensations sont beaucoup plus difficiles à avoir en extérieur, surtout lorsqu’on débute. Si le tapis peut se considérer comme une discipline à part entière. Ce ne sera pas le but de la plupart des gens qui décident d’en faire l’acquisition. Ils vont plutôt chercher à progresser en course à pied, qu’il s’agisse de route ou de trail.

On peut imaginer de nombreuses séances types à réaliser sur tapis. Par exemple, si on veut travailler la qualité de la foulée, on peut s’échauffer pendant une vingtaine de minutes en variant les cadences et les amplitudes, puis passer pieds nus pendant quelques minutes, et étendre cette deuxième phase au fil des séances pour trouver peu à peu une foulée parfaite et un appareil locomoteur incassable.

Un autre effet drôle mais tout de même intéressant du tapis, c’est qu’on ne bouge pas. Donc on ne peut pas être doublé et on ne voit pas à quel point on avance lentement. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais combien de coureurs (moins de coureuses) se blessent parce qu’ils veulent avoir l’air forts lorsqu’ils courent dans un parc, au milieu d’autres joggers? Sur le tapis, on n’a pas honte. Si l’on pousse encore un peu plus loin cette réflexion, le tapis peut être utilisé dans le cadre d’un programme de reprise sportive. Progressez sur tapis et quand vous vous sentirez fort et rassuré, vous pourrez aller dehors et utiliser votre tapis différemment.

A quelle typologie de coureurs ce tapis peut-il s’adresser ?

Tous, évidemment. Bien sûr, il est particulièrement adapté aux débutants pour les raisons que je viens de citer. Mais le tapis est utile à tous les niveaux de la progression. Seuls les athlètes de haut niveau seront un peu limités et pourront avoir besoin de tapis allant à 25 km/h ou plus. Il faudrait prendre spécifiquement chaque type de coureur, en fonction de sa surface de prédilection, de ses objectifs, de ses contraintes, etc. et discuter de cela. C’est un puits sans fond, le tapis est sans limite !

Pour en savoir plus sur les détails techniques du tapis de course Performance 1450, rendez-vous directement sur le site ProForm

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